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Une philosophie du Bien-être

 
 
 

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Articles recommandes

Notes :


  1. 1.Shankara et la non dualité, Michel Hulin, Bayard, 2001, p.13-14

  2. 2.L'inde classique. Michel Angot. Éd. Les Belles Lettres, 2007, page 130. (ISBN 978-2-251-41015-9)

  3. 3.The Sanskrit Heritage Dictionary de Gérard Huet

  4. 4.Shankara (VIIIe s.), Le plus beau fleuron de la discrimination (Viveka-chûdāmani).

 
Ādi Śaṅkara ou Shankara parfois appelé Ādi Śaṅkarācārya (788- vers 820, dates controversées, Hajime Nakamura propose 700-750.) (sanskrit आदि शङ्कर, de Śaṅkara, celui qui crée la félicité, un des épithètes de Śiva), est considéré comme l'un des plus grands maîtres spirituels de l'hindouisme, philosophe, métaphysicien, réformateur, et commentateur le plus connu des textes liés au Vedānta et des Upanishads principales. 
    Ce brahmane a entrepris, sans quitter une vie de renonçant itinérant allant d'un monastère ou d'un temple à un autre ou encore d'une communauté religieuse à une autre 2, de « réformer » l'hindouisme, c'est-à-dire de revenir à ce qui en est, selon lui, à la source de la tradition philosophique hindoue. Il est l'un des principaux fondateurs ou précurseurs de l'école de l'Advaita Vedānta.


La non-dualité


"Obtenant l'affranchissement de l'esclavage, qui n'est dû qu'à l'ignorance, demeure en tant qu'Être-Conscience-Béatitude (Sat-Chit-Ânanda : Sachchidânanda). Les Écritures [Véda], la raison, les paroles du Guru et l'expérience intérieure sont les moyens qu'il te faut employer à cette fin. L'essence des écritures védantiques peut être ramenée aux points suivants. 
Premièrement, en moi, Brahman immuable, tout ce qui semble différent est absolument sans réalité. Seul je suis. Cela s'appelle le point de vue de l'élimination (badha drishti). 
Deuxièmement, le rêve et tout ce qui apparaît en moi comme le résultat de la magie est une illusion. Seul je suis la Vérité. Cela s'appelle le point de vue de l'illusion (mitya drishti). 
Troisièmement, (...) tout ce qui semble séparé de moi est moi-même. Cela s'appelle le point de vue de la résolution de l'effet dans la cause (pravilapa drishti)... Le monde entier et tous les individus sont réellement Brahman, et la demeurance en ce Brahman indivisible est en soi-même la Délivrance (moksha). Cela est l'essence et la conclusion de tous les Védas." (Le plus beau fleuron de la discrimination (Viveka-Cūḍāmaṇi)).
La doctrine enseignée par Shankara est connue sous l'expression de « non-dualité », c'est-à-dire la considération de la divinité dans sa totalité, au-delà de toute dualité, y compris entre Être et Non-Être. Le principe en est que Brahman, la cause première, est au-delà de toute détermination, même de l'unité qui est la première d'entre elles. Cette doctrine, enseignée de tout temps par le Vedānta, se retrouve dans les commentaires de Shankara de ce texte sacré. Shankara, qui était suivi par de nombreux disciples, se rendit au Cachemire, où se trouvait un trône dédié à Sarasvatī, et sur lequel seul celui qui remportera tous les débats entre les brahmanes présents pourra s'asseoir, chose qui n'était jamais arrivée. Shankara n'eut pas de mal à contrer ses adversaires et put prendre place en ce lieu sacré sous les auspices de la déesse.

Les différents corps et le Soi

Mention est faite de plusieurs "fourreaux", "gaines" (kośa) ou "corps" (Śarīra) qui enveloppent le Soi ātman. Le Vedanta, avec Samkara qui a commenté la Taittirīya Upaniṣad, en distingue cinq :
"Le Soi est recouvert par les cinq gaines, elles-mêmes causées par le pouvoir d'ignorance... Connais le Soi, qui est distinct du corps et de toute forme, comme une tige d'herbe dans ses fourreaux foliacés... L'aspirant avisé doit s'appliquer à la discrimination viveka entre le Soi et le non-Soi. Les cinq gaines (sont) : nourriture, souffle vital, mental, intellect et béatitude). 
Le corps grossier annamaya-kosha est créé de nourriture..., composé de peau, de sang, de chair, de graisse, de moelle, d'excréments et d'urine... 
La gaine vitale constitué d'énergie prānamaya-kosha est le souffle vital qui anime les cinq organes d'action [les organes vocaux, les mains, les pieds, l'anus, les organes génitaux].
La gaine créant l'illusion perceptuelle manomaya-kosha est constituée de la partie du mental traitant les informations issues des facultés de perception. 
(§ 167) "Les organes d'information, associés aux menaces, constituent la gaine subtile. Cette gaine est la cause de toutes les différences que nous créons entre les choses, et la première d'entre elles s'exprime de la sorte : « c'est moi » ou « c'est le mien »"...
(§ 173) Tout d'abord, le mental crée en chaque comme un attachement pour le corps et les autres objets des sens. 
(§ 174) Le mental est donc la cause unique qui produit aussi bien notre esclavage que notre affranchissement. Teintée d'un reflet de rajas, il nous mène à la servitude. Purifié et exempt de toute trace de Rajas de Tamas qui nous guide vers la délivrance .
(§ 177) C'est pour le plaisir ou la souffrance que le mental produit inlassablement, sans en excepter un seul tous les objets des sens, qu'ils soient grossiers ou subtils.
Le corps spéculatif du raisonnement ou intellect vijñānamaya-kosha, 
(§ 185) Douée de la fonction cognitive, c'est elle qui, en toute occasion, s'identifie entièrement soit avec le corps grossier, soit avec les organes.  
(§ 186) ... elle est caractérisée par le sens de l'ego. On lui donne le nom "d'individualité vivante jiva", c'est elle qui exerce une activité dans le monde empirique. 
Le corps de béatitude ānandamaya-kosha n'est qu'une modification de l'ignorance sur laquelle le Suprême Soi est réfléchi, elle est expérimentée sans effort par tous dans une certaine mesure dans le sommeil profond... Pourtant, même cette gaine de béatitude ne peut être le Suprême Soi." 4

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Bibliographie :


  1. Viveka-Chûdâmani (Le plus beau fleuron de la discrimination), Librairie d'Amérique et d'Orient, Jean Maisonneuve successeur, 1998.

  2. Comment discriminer le spectateur du spectacle ? (trad. Marcel Sauton), Librairie d'Amérique et d'Orient, Jean Maisonneuve successeur, 2000.

  3. Hymnes à Shiva, trad. du sanskrit Jean Herbert.

 
SHANKARYACARIA

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